Par Joie Des Mots
/image%2F1252996%2F20241230%2Fob_e6cd8f_immigration.jpg)
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu cette expression : « Le jour où… ».
Même quand j’étais tout minot, sans vraiment parfaitement comprendre, j’avais saisi que ce fameux « jour où… », il allait se passer des choses, plein de choses même… Du sérieux… On allait voir ce qu’on allait voir…
Le « jour où » me fascinait donc, perspective exaltante, aussi excitante qu’inquiétante, parce que, en attendant, il ne se passait pas grand-chose…
Je ne savais pas alors que le principe du « jour où.. » est d’être indéfiniment reporté, passant d’une échéance à l’autre :
« du jour où les Blancs seront minoritaires dans les classes », au
« jour où on interdira le porc dans les cantines », au
« jour où ça pétera vraiment dans la rue… », au
« jour où les homos pourront adopter », au
« jour où on touchera à un cheveu de ma famille », au
« jour où on ne n’aura plus le droit de sortir de chez soi sans autorisation », au
« jour où on nous interdira la messe », au
« jour où des drapeaux étrangers flotteront dans les rues »…
Je pensais que « le jour où… » était un cri d’éveil,
c’était en réalité une berceuse.
Xavier Eman
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog