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Qui a osé faire de Mayotte un département français ?


[TÉMOIGNAGE] Mayotte, il y a cinquante ans : témoignage d’un jeune légionnaire

  • Nicolas de Trétaigne
  • J’ai réalisé au pastel, il y a trois mois, ce Coucher de soleil à Mayotte, d’après une photo prise à Noël 1975, lors de mon séjour sur l’ile au sein d’une compagnie de Légion étrangère.
     
  • Environ 25.000 habitants, pas d’eau courante, pas d’électricité, une épidémie de choléra, quelques cas de typhus. Des instituteurs qui allaient d’un village à l’autre avec leurs rares livres sur la tête, pas de dentiste, seulement le médecin militaire, pas de radiographie, un hôpital dans lequel il pleuvait sur un scialytique sans électricité. Pas de route goudronnée, le ravitaillement de la population en riz dans les sacs à dos, des pastilles de sel comme seul médicament. On passait, on distribuait, on soignait, on faisait des points de suture.
     
  • Pas de port, les sacs de riz de 83 kg, payés par la France, achetés et revendus par un député à La Réunion, livrés par barge et à pied dans l’entrepôt d’un commerçant indien, revendus à la France, transportés à dos d’homme par les légionnaires et redistribués à la population. Des boîtes de rations quand la météo ne permettait pas le ravitaillement par avion, ou quelques poulets faméliques, un peu de pêche au harpon ou à la pirogue. Pas de tour de contrôle et le Transall apportait avec lui son carburant pour le retour.
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  • Des alambics en cuivre de plusieurs mètres de diamètre sous des hangars en ruine, envahis par les lianes au milieu de champs de canne à sucre à l’abandon ou de plantations d’ylang-ylang qui servait de bois pour faire la cuisine.
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  • Une population insouciante, heureuse, le matriarcat. Les femmes possédaient la terre, cultivaient les champs, s’enduisaient d’huile de coco. Les hommes faisaient la « palabre », sortaient à la pêche quand il faisait beau, allaient à la mosquée le jour et aux séances de sorcellerie la nuit. S’il y a avait trop de poisson, ils le rejetaient à la mer, car pas de moyen de conservation.
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C’était un petit paradis, malgré l’enfer des maladies, la malnutrition, l’espérance de vie entre 30 et 50 ans et un petit cyclone de temps en temps. Il n’y avait pas d’état civil ni de statistiques. Et tout le monde vivait tranquille, sans se préoccuper du lendemain.

https://www.bvoltaire.fr/temoignage-mayotte-il-y-a-cinquante-ans-temoignage-dun-jeune-legionnaire/

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