Par Joie Des Mots
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Le “système” vous a complètement anesthésié.
Il suffit d’une petite accélération des évènements et ça y est, tout le monde se calte, se barre, s’enferme – claquemuré, extrait, disparu.
Il ne vous en faut pas beaucoup les mecs.
Un souffle froid, un coup de chaud, c’est la panique.
Abonnés aux certitudes étincelantes de votre culture bon teint, mais toujours absents quand ça gronde suffisamment pour interroger vos équilibres mentaux. Le bruit de fond engendré par la cascade excrémentielle vous perturbe.
Beaucoup d’inconfort, un peu comme quand les pieds dépassent du plaid. Beaucoup de remise en question aussi, entre un Nespresso et deux mini macarons Ladurie.
Le confort littéraire et son coutil culturel, la certitude tranquille des citations, la beauté sobre et immuable des belles images, tout cela est chamboulé par le bavardage médiatique, la chronologie de l’incompétence, ses accélérations absurdes, ses coups de freins déconcertants.
Vous voilà avec un temps de retard, vous qui ne jurez que par l’anticipation des pensées, des modes, des échecs.
Vous aviez la main et vous l’avez rendue à des inconnus, comme on remet son épée à l’ennemi.
Vous n’êtes déjà plus, par votre seule faute, ce héraut des salons et des réseaux, prophète parfumé venu tourmenter les certitudes feintes des bourgeois encanaillés. Vous qui baisiez avec un bel appétit leurs épouses dévergondées et rougissantes, vous voilà qui biaisez en bafouillant, la virilité en berne, le regard fuyant, conscient de risquer le jugement lapidaire, le licenciement sec.
Même les grands crus s’effacent, plus de corps ni de nez, relégués dans la profondeur de caves à l’obscurité mortifère.
C’est dire si vous allez mal.
J. M. M.
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