Par Joie Des Mots
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Tout est tellement plus beau depuis les hauteurs célestes ! À vue d’aéronef, les villes se résument à l’idée de leur urbanisme, et l’on déchiffre la cohérence des axes de circulations, l’intelligence des places conçues pour l’échange ou le rassemblement, la pertinence des rues dont la largeur et la portée varient en fonction de l’habitat desservi.
On ne voit ni les défauts architecturaux, ni les atteintes à l’équilibre du bâti, pas plus que la banalité des façades, la vulgarité des enseignes ou l’agressivité des éclairages. Même la présence humaine, à pied ou en automobile, semble harmonieuse – c’est dire.
Et pourtant, Dieu sait que l’expérience des villes de l’ère post-moderne est pénible. Incohérence, saleté, décrépitude, promiscuité... peu de cités d’Europe ont conservé la force et le charme que commandaient les préceptes d’une architecture respectueuse des témoignages du passé et de l’équilibre né d’une géométrie urbaine pensée.
La mainmise de la dictature économique a été fatale en matière d’esthétique, produisant un résidentiel mathématique et fonctionnel réalisé dans les pires matériaux.
Et aussi vrai que le beau attire et encourage la vertu, la laideur appelle la violence des rapports humains et la perpétuelle dégradation de l’environnement.
Les impressionnants parallélépipèdes formant quartiers ou cités, cauchemardesques clapiers urbains abritant une population rustre et négligeante de tout, paraissent sobres et rationnels vus d’en-haut.
Cependant, une fois au sol, on découvre dans ces méandres infects l’expression du mépris des gouvernants pour des populations allogènes aux mœurs abruptes, plus ou moins administrées. Et ce ne sont pas quelques immondes peinturlurages de façades ni les rares “équipements collectifs” – expressions mochissimes du socialisme banlieusard générateur de pots de vin et d’incendies criminels – qui pourront y changer quoi que ce soit.
Les villes de la post-modernité ne sont regardables que depuis un siège d’avion, qui donnent l’illusion d’un ordre disparu depuis longtemps, à rebours des réalités d’une société multi-conflictuelle qui s’enivre des alcools de sa propre décadence.
J.-M. M.
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