Par Joie Des Mots
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La marche à pied affûte le corps et décape l’esprit.
Tous les diététiciens diront que marcher constitue une manière économique de réguler sa charge pondérale. La marche est la diététique du mouvement.
Le marcheur, ligneux, noueux se reconnaît de loin.
Il se meut à la ville comme en chemin à la manière de Cocteau : léger, dansant, monté sur des coussins d’air.
La marche à pied est un alambic qui distille les scories du corps.
Quand je me lance dans des traversées au long cours, je ne suis jamais sujet aux maladies : les quarante kilomètres quotidiens lavent ma machine. La route purge.
Pour résumer : rester maigre, boire du vin, lire des livres, abattre des kilomètres, nager dans la mer, grimper sur les rochers, aimer sa femme et mourir violemment : voilà quelle devrait être la doctrine de tout marcheur converti à l’ascétisme de la piste.
Sylvain Tesson
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