Par Joie Des Mots
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Chaque plante qui croît,
chaque gosse qui tète,
c'est de l'hydrogène ponctionné dans la masse solaire.
Cette dégradation irréversible s'appelle l'entropie.
L'entropie du vagabond : il vieillit à chaque kilomètre. Irréparablement.
Et plus il gagne de l'espace
et plus il perd un peu du précieux temps qu'il lui reste à vivre.
Un kilomètre arraché à ce foutu plateau de l'Oustiourt,
c'est quelques calories semées sur la steppe stérile
et dont jamais, jamais, jamais je ne récolterai le fruit.
Sylvain Tesson
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