Par Joie Des Mots
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Je ne vois dans aucun chiffre, nulle part, un quelconque répit pour la France.
Hier encore, j’entendais que cette ombre de nation occupait la deuxième place au classement des pays européens les plus criminogènes. Juste derrière la Biélorussie.
Je suis né dans une France organisée, plutôt disciplinée, encore baignée des principes cardinaux qui firent son Histoire, servie par une population consciente de sa chance d’exister encore après deux cataclysmes mondiaux.
Las, les gens d’hier, baignés dans le confort d’un répit consumériste, renonçant rapidement à toute spiritualité, préférant Mireille Mathieu et Marcel Amont à Lully ou Debussy, négligeant Dumas et Camus au profit de Guy Lux ou de Léon Zitrone, se sont laissés endormir par les promesses molles d’une démocrassouille de supermarché. Édouard Leclerc en ministre de l’Économie, Pompidou au corbillard, Giscard à l’accordéon, Mitterand à la fosse, pelle en mains, jolies obsèques pour une France que la modernité aura trucidée au prix d’une semaine à la Plagne et de quinze jours au Club.
Les Français qui ne pensaient qu’au Smic, ne juraient que par leur pouvoir d’achat, payaient dix crédits-revolving, louaient leur télé couleur, votaient un coup par ci, un coup par là...
Quelle gueule de bois.
Ça lui va si bien à la France, l’allegretto de la septième symphonie du Sourd, triste mélodie, mélancolique à souhait, anxieuse sans doute. Quelques sursauts du côté des cordes, mais les vents sont descendants et les notes disparaissent dans la nuit noire de l’Europe, deux symphonies plus loin. Dissoudre la nation et bétonner le marché. Bien joué, ô Grand Système !
J.-M. M.
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