Par Joie Des Mots
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Au cœur d’un mois de juin 2020 sans âme, stupidement saturé par les premières mesures de lutte contre le Covid-19, Jean Raspail avait tiré sa révérence. En silence, presque centenaire, « en avant, calme et droit », le prophète de la postmodernité apocalyptique s’en était allé, comme dégoûté par une époque qui n’avait pas grand-chose pour convenir à son inextinguible soif de panache et de grands espaces.
L’auteur de ces lignes se souvient de l’avoir croisé, lors d’une séance de dédicaces, un an avant sa disparition. Il était en pleine forme, bien sûr. Casquette de tweed, moustache de mousquetaire, il avait pris l’essentiel avec lui : un fume-cigarette, une flasque en argent qui devait contenir un quelconque remontant et une chemise cartonnée, à élastiques, dans laquelle il rangeait Dieu sait quoi. Assis entre Philippe de Villiers et Jean-Pax Méfret, à la fois souverainement digne et totalement libre, Raspail signait ses ouvrages à la chaîne, avec bonne humeur et patience, comme un patriarche bénévole. Son public attendait longtemps, sans un signe d’exaspération, de recevoir, sur la première page de Sire ou du Camp des saints, quelques mots de la main du maître. Une demi-décennie a passé. Que reste-t-il de Jean Raspail ?
D’abord la prophétie de l’invasion migratoire, bien sûr. C’est ce qu’il y a de plus universellement connu, dans son œuvre. Dans Le Camp des saints, il a décrit avec une minutie hallucinante de réalisme le déferlement, sur les côtes du sud de la France, de bateaux hors d’âge remplis de migrants agressifs qui colonisent un pays hébété, sédaté par des décennies d’humanisme niais, muselé par une presse soumise et complice, qui porte en bandoulière des idéaux destructeurs totalement détachés du réel. Écrit en 1973, ce livre magistral et glaçant n’a pas pris une ride : il est même devenu une référence pour la droite nationale dans de très nombreux pays.
https://www.bvoltaire.fr/il-y-a-deja-cinq-ans-jean-raspail-embarquait-au-dela-de-la-mer/
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