Par Joie Des Mots
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Que retiendra-t-on de la finale 2025 de la Ligue des champions ? Les cinq magnifiques buts inscrits par le Paris Saint-Germain ? Le premier sacre du club parisien ? Ou bien les nuits d’émeutes qui ont embrasé la capitale et le reste du pays ?
Si en France, la plupart des médias préfèrent parler d’« incidents » ou de simples « violences », à l’étranger, les langues se délient.
En Italie, en Espagne ou encore au Royaume-Uni, on s’inquiète face à la hausse et la répétition de ces exactions commises sur le sol français.
« La France sombre dans le chaos et la violence. » Outre-Manche, la chaîne GB News pose un constat clair : « Deux morts, plus de 550 arrestations, plus de 200 blessés. » Loin des euphémismes français, la chaîne d’information britannique multiplie les séquences chocs sur la soirée parisienne. « Paris est en feu […] Les émeutiers laissent Paris en flammes », s'exclame ainsi l’un des journalistes à l'antenne. « Il y a une population à Paris qui se révolte à la moindre occasion », dénonce un autre. Ironie de l’histoire, c’est un journaliste anglais qui s’inquiète, sur GB News, de voir la foule « escalader [sans respect] la statue de Jeanne d’Arc ».
En Italie, même constat. L’ANSA, principale agence de presse transalpine, titre ainsi sur les scènes de « chaos à Paris » après la victoire du PSG, là où l’AFP préfère parler de simples « incidents ». La Repubblica regrette pour sa part que « la fête du club parisien soit devenue une guérilla urbaine [avec] des voitures brûlées, des magasins pillés, des poubelles et des voitures en feu ». Même lexique dans les colonnes du Corriere della Sera, qui décrit des « centres urbains en feu » et une « guérilla dans les villes après la Ligue des champions ». « Qui sont ceux qui, pour célébrer la victoire du PSG, ont cassé les vitrines et attaqué les flics ? Des fans mécontents du 5-0 ? Et qui sont ceux qui, le soir du Nouvel An, mettent le feu à des voitures chaque année ? », s’interroge le correspondant du quotidien italien. « Peut-être étaient-ils les mêmes, ou du moins obéissaient-ils aux mêmes mécanismes, ceux qui, à la fin de tout rassemblement public, se livrent au vandalisme et se heurtent aux flics », suggère le journaliste, qui regrette une « fracture entre les communautés ». Dans le Milano Today, on s’inquiète également que « la fête en France se transforme en guérilla ».
« Nuit de terreur » et « nuit de troubles ». En Espagne aussi, les journaux ne mâchent pas leurs mots. El País, par exemple se désole de voir qu’« à Paris, les victoires sportives se terminent souvent par des altercations, des pillages et des affrontements avec la police ». 20 Minutos pointe de son côté du doigt de « graves émeutes ». La situation en France intéresse également les membres du parti conservateur espagnol Vox. Rocío de Meer, députée du parti, se lamente de voir la statue de sainte Jeanne d’Arc escaladée par des supporters parisiens et des émeutiers. « Un jour, nous changerons tout. Un jour, l’Europe se réveillera et ceux qui la haïssent et la profanent seront expulsés. Préparons-nous pour ce jour », écrit la femme politique. Jorge Buxadé, son collègue, chef de la délégation Vox au Parlement européen, s’inquiète des « scènes de guerre à Paris » commises par une « barbarie importée ». Un vocabulaire qu'il emprunte à Bruno Retailleau. Au soir de la finale, le ministre n'a pas hésité à parler de « barbares venus commettre des délits et provoquer les forces de l'ordre ».
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