Par Joie Des Mots
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Quelles conclusions tirer de ces chiffres en montagnes russes ? Que, globalement, votre patience a des limites. Que les limites sont sans doute atteintes ! En octobre 2024, une immense majorité était prête à faire crédit à Michel Barnier, homme d’expérience qui semblait avoir donné des gages à la droite. Le crédit fut très vite épuisé. Sept mois plus tard, le crédit de son successeur, François Bayrou, ne pèse pas lourd. Certes, ce quasi 50-50 dans les réponses données à notre question d’hier traduit probablement le sentiment que la censure de Bayrou sur la seule question des retraites (alors, du reste, qu’il n’y a aucun texte de loi sur la table) ne résoudrait pas forcément le problème. De toutes façons, François Bayrou est en sursis ou, si vous préférez, sous bracelet électronique : le vote du budget arrive à grands pas et le Rassemblement national pourrait appuyer sur le bouton « Stop ! » dès cet automne. Rappelons que le budget (alors que notre dette vient de passer les 3.345 milliards d’euros, soit 40,5 milliards d’euros de plus, par rapport à la fin de l’année dernière, vient d'annoncer l'INSEE) est le pivot central de toute action politique.
Mais alors, le problème, finalement, c’est quoi, c’est qui ? François Bayrou ? Il n’est que le fusible, le paratonnerre. Le souffre-douleur du roitelet de l’Élysée. Marc Baudriller l’évoquait hier soir dans son éditorial : le problème, c’est évidemment Emmanuel Macron. Votre patience a des limites, comme celle de la majorité des Français. Une patience à bout. « Au bout du bout » ! Dans un entretien donné à Ouest-France, David Lisnard, président de l’Association des maires de France, ne dit pas autre chose : « Nous sommes arrivés au bout du bout d’une façon de gouverner » et appelle Emmanuel Macron à démissionner. Le centriste Hervé Morin ne disait pas autre chose, la semaine dernière. Mais le maire de Cannes en appelle à une démission programmée, pas bâclée, pas à l’arrache, comme la dissolution de l'an passé : le Président annoncerait qu’il démissionnerait dans les quatre mois afin de laisser le temps aux candidats de se préparer, de s’organiser. Cela permettrait, effectivement, qu’une véritable campagne présidentielle puisse se déployer. On peut rêver. Certes, cette proposition n’est sans doute pas exempte de calculs politiciens. En effet - hypothèse d’école -, Macron se rangerait à cette idée et ferait son annonce aux Français, disons le 14 juillet - c'est bien, le 14 juillet ! -, la présidentielle aurait ainsi lieu avant la fin novembre. Marine Le Pen serait donc exclue du jeu, puisque la cour d’appel ne se prononcera pas avant l’été 2026 sur la levée de son inéligibilité.
Hypothèse d’école, car imagine-t-on un seul instant Emmanuel Macron reconnaître ainsi son échec ? Même au bout du bout…
https://www.bvoltaire.fr/edito-macron-au-bout-du-bout/
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