Par Joie Des Mots
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Le niveau a commencé à baisser dans les années cinquante
pour que le coton puisse jaillir du pauvre sol ouzbek.
Depuis, la mer n'a cessé de se vider
et la rive de reculer.
Aujourd'hui les eaux ont reflué
jusqu'à une cinquantaine de kilomètres du port à vol d'oiseau.
plus jamais le ressac ne viendra lécher le pied des quais abandonnés. Jamais plus les cris de mouettes,
les senteurs d'embruns
ni le clapot d'écume.
La mer s'est noyée dans le sable.
Seuls survivants du naufrage :
le port de Moynak amarré à la grève morte et ses habitants
qui font semblant d'espérer que les vagues reviendront.
Sylvain Tesson
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