Par Joie Des Mots
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Ou plus vraisemblablement, l’Europe se laisse mourir. Elle est blasée, fatiguée de vivre et vieillarde. Elle ressemble à un malade miné en dedans par l’oisiveté, le trop plein de tout, et qui aurait perdu intérêt en toute chose, en tout domaine, voguant sans gouvernail, au plaisir des vents et marées.
L’Europe a cessé de croire et de se reproduire, donc consciente de son impossibilité de perdurer.
C’est un chêne qui, après avoir inondé le monde de ses fruits, de ses connaissances, ses croyances et ses utopies, se destitue, se dénude, ne laissant que quelques branches sèches qui s’écaillent et craquent sous le pouce, avec chaque heure qui passe.
Mon ami, Philippe Arnon, nous parle de Sa France… mais en fait, il parle de toute l’Europe qui s’est oubliée entre les nombreux replis de ses pensées. Ce n’est plus cette Europe qui s’est lancée à la conquête du monde, qui a disséminé ses langues, son savoir, son prestige sa gloire… que ce soit dans ses colonies, ou simplement dans ses conquêtes – l’empreinte laissée derrière s’est largement estompée.
Elle ne connaît plus la faim, ni la soif… soif de nouveaux horizons, dans une planète qui n’a plus rien à nous révéler ou à nous laisser découvrir. L’Europe manque d’objectif, d’incubateur pour se revigorer. Elle s’ennuie et se laisse aller. Elle se drogue… une manière comme une autre de créer l’illusion.
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