Par Joie Des Mots
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Plus tard, au cours de notre périple, nous ferons étape à Tours, Indre-et-Loire.
Mon camarade de route et moi y avons fréquenté l’École d’Application du Train – entendez l’arme des transports et de la logistique militaires, de la bonne circulation aussi. Nous y fûmes élèves à quelques années de distance lui et moi. Mais cet écart ne nous a pas empêché de partager de nombreux souvenirs topographiques et, au-delà des lieux de séjour, d’exercices et de manœuvres. Je me souviens des sentiments mêlés qui m’habitaient alors, ceux-là même que connurent tous les appelés amenés à affronter seuls un vrai défi de jeune homme : l’école d’officiers.
Il nous a fallu déployer des trésors d’astuce pour retrouver un lieu que même Internet avait oublié. Au bout d’un parcours alambiqué, nous avons découvert l’enceinte. Quel choc...
Les deux édicules gardant l’accès aux quartiers sont toujours là. Mais passé cette limite, c’est une friche qui nous accueille. Les bâtiments ont disparu : un peu partout, nous décelons les indices de chantiers en gestation, de travaux liminaires. Là où nous vivions, des hautes herbes. La piste d’athlétisme ? Envolée. Le parcours “du combattant” ? Disparu. Plus rien que nos neurones affairés à reconnecter les images mentales, les bruits du pas commandé et l'harmonie des chants. “Ô la fille vient nous servir à boire”... Plus rien n’a subsisté. Les gorges restent sèches. Et nouées.
En regagnant notre voiture, nous apercevons des “palissades informatives” sensées présenter au péquin de base les desseins des grands urbanistes en charge de fracasser nos passés. Un couple de retraités résolument africains s’enlace, le sourire aux lèvres. “J’habite aux Casernes” nous dit la palissade. “Oui à la lumière, la lumière et... les grands espaces extérieurs !” a renchéri le concepteur-rédacteur d’astreinte sur cette flaque publicitaire.
Pauvre de nous, qui avons passé quelques mois de nos vies dans cette enceinte très militaire pour la défense de notre patrie. Quel raccourci, quelle triste farce.
J.-M. M.
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