Cachés par les autorités et tus par la population, les centres de « réhabilitation » saoudiens ont longtemps été gardés secrets. Mais le Guardian, dans une enquête menée pendant six mois, a révélé de rares images et témoignages de ces « foyers » – ou Dar Al-Re’aya (« maison de soin », en arabe) – dans lesquels des milliers de filles et de jeunes femmes sont détenues. Elles y ont été envoyées par leur famille ou mari pour avoir désobéi, s’être absentées du foyer ou avoir entretenu des relations extraconjugales.
Dans ces centres, des flagellations ont lieu chaque semaine et l’enseignement religieux est imposé sans que les prisonnières n’aient accès au monde extérieur ni droit aux visites. Elles ne peuvent en sortir qu’avec l’autorisation de leur famille ou d’un tuteur. « Si [une des filles] ne prie pas, elle est fouettée. Pareil si elle se retrouve seule avec une autre femme, les gardes l’accusent d’être lesbienne », précise Sarah Al-Yahia, à l’origine d’une campagne pour l’abolition de ces « foyers ».
Est-il pensable, dans ces conditions, que la Coupe du monde de football masculin se déroule en Arabie saoudite en 2034 ? Oui, bien sûr : la précédente Coupe du monde s’est bien déroulée au Qatar, grand argentier du terrorisme international. Des centaines de travailleurs népalais et birmans sont morts d’épuisement sur les chantiers du pays sans émouvoir les grandes consciences droit-de-l’hommistes.