Par Joie Des Mots
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Boualem Sansal n’a jamais versé une goutte de sang. Il n’a jamais levé la main sur personne. Pourtant, il est censuré, banni, effacé de l’espace public algérien. Pendant ce temps, les islamistes qui ont semé la terreur dans les années 1990 ont été amnistiés, réintégrés, parfois même promus. Ce paradoxe glaçant révèle la vérité d’un régime qui pardonne les armes mais redoute les idées. Car la plume libre, lorsqu’elle nomme les mensonges, devient un acte de rébellion. Et Sansal, lui, ne tremble pas.
Entre 1991 et 2002, l’Algérie a connu l’un des conflits civils les plus sanglants de son histoire moderne. Une guerre fratricide opposant un pouvoir militaire autoritaire à des groupes islamistes radicalisés, dont les plus violents, comme le GIA, ont massacré sans distinction : enfants, femmes, intellectuels, journalistes. Le tout sur fond de terreur religieuse et de haine anti-occidentale.
L’État algérien, incapable de se réformer ou de convaincre, a répondu par une répression aveugle, multipliant les disparitions forcées, les exécutions sommaires, les tortures. Le bilan humain se chiffre entre 150 000 et 250 000 morts. Plus de morts en 10 ans que le conflit israélo palestinien en 77 ans !
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