Par Joie Des Mots
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À ceux qui en doutaient encore, François Bayrou a bien montré et démontré, cet après-midi du 15 juillet, qu’il appartenait au système. Un système à bout de souffle, collé au mur des déficits et des naufrages accumulés depuis quarante ans, patiemment, avec une application admirable, par la longue cohorte de ceux qui ont tenu le gouvernail du navire France. Durant tout le discours du Premier ministre, on a attendu un mot, un seul. Un mot pour les maux des Français, ceux qu’ils dénoncent en masse : le mot immigration. En vain, ce mot n’est pas venu.
Le navire France prend aujourd’hui l’eau de toutes parts et François Bayrou a le maigre mérite d’avoir constaté les voies d’eau, avec des trémolos dans la voix. On a entendu, dès l’ouverture, « ces moments dans l’histoire des peuples où ils ont rendez-vous avec eux-mêmes » : on était en droit d’attendre de grandes idées. On a eu l’inventaire complet des grattouillages de budgets dans la grande tradition des syndicats de faillite qui ont plombé la France de 3.300 milliards de dette. « Voilà cinquante ans que notre pays n’a pas présenté un budget à l’équilibre, a lancé Bayrou. On s’est habitués. ». Non, tous les Français ne se sont pas habitués. Ceux qui aiment leur pays ne s’habituent pas au spectacle de la gabegie qui les détruit. Le Premier ministre dresse le spectre de la faillite, évoque l’Espagne, le Canada, la Suède, la Grèce. « C’est exactement ce que nous ne voulons pas », assure-t-il. Vraiment ?
Le Premier ministre peut participer au championnat du monde de l’autruche la moins lucide à l’approche du danger. « Champion mon frère », comme dit le président de la République.
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