Par Joie Des Mots
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Il est permis de se poser la question… Et si Boualem Sansal n’était pas franco-algérien mais américano-algérien. S’il avait pour les États-Unis l’amour qu’il porte à la France. S’il affectionnait la langue de Shakespeare comme il aime la langue française. S’il avait pour les États-Unis et sa culture l’admiration qu’il porte à la France et à ses écrivains. Si ce dossier douloureux était confié à Trump et Vance, et non à Bayrou et Macron ?
La décision prise ce 1er juillet par les juges algériens aux ordres de la dictature Tebboune n’auront pas surpris ceux qui connaissent le régime. Après sept mois de prison, l’auteur de Vivre (Gallimard), qui avait donné à Gabrielle Cluzel et Boulevard Voltaire une interview touchante, a été condamné à cinq ans d’enfermement et 500.000 dinars d'amende (3.270 euros). Le cauchemar continue pour l’écrivain si tendre avec la France et si lucide sur l’Algérie. Cette comédie de justice s’offre même une simagrée de bonté : le procureur avait requis dix ans, le double de la peine décidée. À 80 ans, Boualem Sansal dispose de huit jours pour porter son cas en cassation. Cet homme coupé du monde « va bien », a assuré son avocat qui l’a rencontré récemment. Désormais, la France attend du sinistre Tebboune une grâce présidentielle comme un os jeté aux suppliants.
Sansal a, chaque jour davantage, l’allure d’une victime expiatoire de la haine que voue l’Algérie à l’ancienne puissance coloniale. La France, comme Sansal, est prise en otage.
Chez nous, le pouvoir n’en finit plus d’attendre, d’espérer, de ménager un président algérien qui jubile. Macron souhaitait, voilà des semaines, « un geste d’humanité ». On l’attend encore. François Bayrou ne veut « gâcher aucune chance de libération en fin de semaine ». Bruno Retailleau recommande « une riposte graduée », en vain. Sept mois que cela dure.
C’est le moment de s’interroger. Qu’aurait fait Donald Trump ? Le président américain a laissé derrière lui la trace de quelques faits d’armes. Le raid contre l’Iran dessine une manière efficace de pratiquer la diplomatie, assez différente des palabres affectionnées par le mondialiste et européiste Macron.
https://www.bvoltaire.fr/edito-cinq-ans-de-prison-pour-boualem-sansal-quaurait-fait-trump/
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