Par Joie Des Mots
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Plus tard, dans longtemps, des historiens – s’ils s’appellent encore ainsi – vous raconteront la fascinante passivité de tout un peuple assumant, sans jamais en avoir conscience, sa propre déliquescence. Que de temps brûlé à écouter les chroniqueurs éberlués, les témoins porteurs de vérité chronométrée, les victimes éplorées de massacres arrangés, les décideurs obstinément contrariés...
Toute cette piétaille d’acteurs à cachets douillets invités à s’épancher sur un oui ou pour un non, consciences supposément éveillées, authentiques témoins d’une époque faillie, improbables auteurs d’ouvrages invendables, parasites compassés errant de salons en terrasses, accoucheurs de querelles idiotes, recycleurs de lunes brûlées, passeurs de plats indigestes et retraités à implants, tous éclairés par cette lumière médiatique qui, entre deux publicités racisées, glorifie l’égo et fait scintiller les céramiques dentaires.
Un peuple devenu idiot, notoirement décérébré par l’Éradication Nationale, du CP à la Terminale, instituteurs abrutis, institutrices toxiques, produits de Marx, de Lacan et de Brigitte – commandos de pathétiques travelos invités à montrer toutes les subtilités de la fellation amicale et de la sodomie sans douleur, ratages humains planqués sous de pleines truelles de maquillage obscène. “Qui tu es Monsieur ?”, disent les gosses. “Mais je suis une dame”, répond le taré subventionné. “Non, t’es un Monsieur” affirment les gamins, comme autant de sales petits fachos réactionnaires. Convocation pendante des parents irresponsables, beaufs gaulois à bout de souffle et de budget, condamnés à la faillite “all inclusive”.
Un peuple soumis au sadisme du monde oligarchique et de ses menaces pré-fabriquées : précarité sociale, dangers sanitaires, sévérité policière, guerre imminente. Un peuple qui ne sait plus qu’il doit compter d’abord sur lui-même. Un peuple qui donne le deux-coups de Pépé aux gendarmes en attendant d’être torturés pour une chaine en or ou éventré pour une clope. Un peuple qui perdrait son sang-froid devant un Leclerc fermé ou une pompe vidée.
Un peuple qui refuse obstinément de voir la réalité de sa condition alors qu’il est déjà sur un quai de gare, quelque part en Pologne.
J.-M. M.
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