Par Joie Des Mots
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« L’avantage de la laideur morale, c’est qu’il n’existe pas de contrefaçon. » (Jean Rostand).
Il m’est impossible de nier que je suis nostalgique d’un temps, pas si lointain, où notre pays était encore une grande puissance. Certains de mes amis me reprochent de parler davantage du passé que du présent, comme si c’était une tare. Et, par goût de la provocation, je leur réponds en citant Michel Audiard : « Penser à reculons, je laisse ça aux lopes et aux écrevisses ». Pourtant, je l’avoue humblement, je suis nostalgique ; la nostalgie m’aide à vivre dans ce monde de cinglés. Dans le dictionnaire, le mot « nostalgie » répond à deux définitions :
– Le « mal du pays », or comme Joachim du Bellay, j’ai le mal d’une France « terre des arts, des armes et des lois » ; une France qui existait encore dans les années 1960, quand j’étais enfant.
– Un « regret mélancolique d’une chose révolue ». Je n’ai aucun regret ; les regrets ne servent à rien, le mal est fait et il est irrémédiable. Il n’y aura pas de retour en arrière mais ma mémoire est sélective, en dehors de quelques soirs de spleen, elle ne retient que les bons souvenirs. Je pense souvent aux bons moments de ma vie, à mes nombreux voyages, à mes vols en parapente, à mes virées en moto, à la « baraka » qui m’accompagne depuis longtemps (en espérant que ça dure !) et surtout à mes amis, bien vivants ou disparus…
Il parait qu’on est ringard quand on ose dire « c’était mieux avant ». D’ailleurs, je ne suis pas convaincu que le sort et le niveau de vie des ouvriers durant les « trente glorieuses » (et bien au delà) aient été enviables. Dans mon enfance dans les Hautes Pyrénées, j’ai connu des « ouvriers-paysans » qui exploitaient un petit lopin de terre, élevaient quelques vaches, et qui partaient tous les matins tôt, par tous les temps, en bicyclette ou en cyclomoteur pour travailler en usine à Tarbes.
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