Par Joie Des Mots
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Ils sont bien sûr nombreux et divers les maux qui frappent et marquent notre époque, celle de la post-modernité, mais il en est un particulièrement emblématique et symptomatique de celle-ci : le développement et l’emprise de plus en plus totalitaire de la « pensée unique », expression inventée par Alain de Benoist pour qualifier le phénomène de restriction drastique du champs du débat et de criminalisation progressive de toute pensée dissidente et de toute contestation, même marginale, de la « doxa idéologique » libérale-libertaire érigée en table des lois du « camp du Bien ».
Bien sûr, il y a eu, à toutes les époques, des « pensées dominantes », des « conformismes intellectuels » et même des systèmes de « censure » plus ou moins redoutables et coercitifs, régulièrement dénoncés par les esprits les plus libres et audacieux du moment. Mais le phénomène contemporain de la « pensée unique » est beaucoup plus insidieux, et par là beaucoup plus efficace, car non seulement il se pare de vertu mais va jusqu’à prétendre incarner l’idéal absolu et le modèle indépassable de la liberté et de la tolérance. C’est au nom de cette « liberté » qu’il excommunie, sous prétexte de cette « tolérance » qu’il exclut, et son amour de « l’ouverture » s’exprime par un corsetage toujours plus rigoureux de l’espace du débat.
Xavier Eman
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