Par Joie Des Mots
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Il y a des polémiques et des dénonciations qui font rire par leur caractère systématique, des obsessions qui amusent. Je ne cesse de me réjouir de la constance avec laquelle Vincent Bolloré tient lieu de sujet universel quand on n’a plus rien à dire.
D’abord lui, évidemment, puis ceux qui travaillent avec lui ou dans un univers qu’il possède. Vincent Bolloré est stigmatisé avec une pauvreté d’argumentation qui confine au néant.
Il est milliardaire, il est conservateur et a le front de vouloir communiquer ses idées et les défendre. J’oubliais le grief fondamental : il est catholique et va régulièrement à la messe. Son entourage est décrit comme s’il s’agissait d’une coterie adepte de mauvais coups. Les chroniqueurs qui participent à des débats sur CNews, avec une totale liberté, sont considérés comme des assujettis à Vincent Bolloré et ont beau protester du contraire, ils ne sont pas crus. Le pire advient quand ils ont le culot, en plus, d’estimer, voire d’admirer Vincent Bolloré. Il ne fait pas bon en France louer si peu que ce soit les personnalités richissimes, même quand elles doivent tout à elles-mêmes, mais émettre un jugement favorable à Vincent Bolloré relève du péché mortel.
La seule manière pour Vincent Bolloré d’échapper à cette hostilité réflexe, créatrice d’un consensus médiocre, est de voir ce courant délétère se détourner de lui pour accabler, aussi mécaniquement, un autre milliardaire, Pierre-Edouard Stérin, gangrené par ce double vice aux yeux de la majorité des médias : il est également catholique et prétend, offense suprême, en tirer les conséquences dans la vie intellectuelle, politique et médiatique. Il est évidemment intolérable qu’une personnalité non pourvue de la carte de gauche ait de telles ambitions. Matthieu Pigasse, lui, peut tout se permettre : il pense bien.
Ah, s’ils n’avaient pas Vincent Bolloré !
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