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Un homme, une femme, ils ne connaissent plus !!!


Garçon ou fille, le mixage mental est presque complet, qui se retrouve dans la mode, les mœurs, l’inéducation, l’a-culturation, la sexualité.

Première observation : une assez large majorité d’entre eux a envie d’apprendre sur à peu près tout, de glaner des informations sur des sujets d’actualité, de comprendre l’origine des choses, d’être en mesure d’adopter un angle d’observation différent de celui des médias, médias sur lesquels ils ne se font d’ailleurs plus beaucoup d’illusions.

Deuxième observation : l’impossibilité de se situer au monde, que ce soit dans la géographie culturelle ou le continuum chronologique. Ils flottent tous dans une sorte de piscine remplie d’une eau trouble, se cherchant du regard, ne se reconnaissant pas, mais s’agrégeant quand même, de peur de l’isolement et de la noyade qui s’en suivra. Ils ne savent pas qui ils sont. Leurs racines s’arrêtent à la proche parentèle. Ils n’ont ni héros personnel, ni patrie charnelle, pas plus qu’ils n’ont d’attachement aux odeurs, aux sons ou aux images d’un passé censuré par la dictature numérique du présent. Ils confondent l’empreinte d’un frère, l’exemple d’un cousin et l’empathie du voisin. Ils sont sans boussole, et en cela ils sont émouvants.

Troisième observation : ils refusent de s’attribuer les caractéristiques de leur sexe. Certes, elles portent parfois des jupes courtes et des hauts échancrés, mais point de soin dans leur coiffure ni de goût dans leur tenue de tous les jours. Eux se trainent dans leurs pathétiques “pantacourts” ou braies assimilées. Ils ont aux pieds tantôt d’ignobles claquettes de campeur batave, tantôt des espadrilles enfilées en savate. Pour sortir, ils osent parfois la Nike en tissu, supposément plus bourgeoise que racailleuse. Leurs tatouages, insipides autant que laids, sont interchangeables, installant déjà l’indistinction dans le genre, l’égalité entre les épidermes, peaux tristes comme des rocades de banlieue, l’hiver.

J.-M. M.

 

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