Par Joie Des Mots
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C’est un contraste qui marque, depuis le début de ce procès : la discordance, l’antinomie même, entre les deux mondes qui se font face dans cette salle d’audience, depuis le vendredi 17 octobre.
D’un côté, celui de Dahbia Benkired, l’accusée, et de son entourage : un univers instable, fait de drogue, de sexe, d’argent sale, de relations troubles. De l’autre, celui de la famille de Lola, soudée dans le chagrin, digne et silencieuse. Comme si, dans cette enceinte du tribunal, se rejouait la rencontre tragique de l’innocence et du chaos, celle d’une fillette de douze ans et de sa tortionnaire, cet après-midi du 14 octobre 2022.
Moustafa, Katiba, Friha, Rachid, Fatah, Anisse, Karim... Autour de Dahbia Benkired gravitent des figures qui, à l’exception d’une, reconnaissent fumer du cannabis abondamment, parfois en vendre. Certains témoignages laissent entrevoir des activités de proxénétisme ou des trafics en marge de la légalité. Beaucoup éludent, se contredisent, refusent de s’étendre sur des points pourtant essentiels à la compréhension du drame. L’un savait-il ce que contenait la malle ? L’autre a-t-il prostitué l’accusée ? Entre mensonges, profits et silences gênés, la lumière peine à percer, dans cet entrelacs de médiocrité.
Face à ce monde en ruine fait de violence et de malhonnêteté, la famille de Lola. Ses membres apparaissent comme un bloc uni. Ils se soutiennent, se tendent la main, s’offrent un sourire, s’attendent dans les couloirs, ne s’éloignent jamais les uns des autres. Ils s’appuient mutuellement sur les forces qu’il leur reste.
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