Par Joie Des Mots
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Les kiangs, cousins des chevaux,
n'avaient pas subi l'indignité de la domestication,
mais l'armée chinoise les avait massacrés
pour nourrir l'avancếe des troupes, il y a un demi-siècle.
Ceux-là étaient des survivants.
Nous distinguions leur chanfrein bombé,
leur crinière drue, leur croupe arrondie.
Le vent tendait un lavis de poussière derrière eux.
Les bêtes éraient à cent mètres et Munier les visait.
Soudain ils fusèrent vers l'ouest, comme électrocutés.
Un caillou avait roulé sous nos pas.
Sylvain Tesson
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