Par Joie Des Mots
Il est des heures où les nations, si antiques soient-elles, sentent passer sur leur nuque le souffle froid de l’Histoire. Nous vivons l’une de ces heures. Tandis que le pays s’abandonne aux prestiges mourants de ses certitudes, une force étrangère à notre génie, impérieuse et dissolvante, œuvre déjà dans l’ombre mais n’hésite plus à se montrer au grand jour. Elle avance, sûre de son dessein, d’autant plus hardie que ceux qui devraient la nommer se dérobent devant leur devoir premier : dire la vérité.
Nos gouvernants, que la prudence apparente dispense trop souvent du courage, feignent de distinguer entre l’écorce et le noyau, entre l’idéologie fanatique — qu’ils baptisent du nom atténué d’Islamisme — et la doctrine entière dont elle procède, c’est à dire l’Islam. Ils s’enferment dans l’illusion qu’un mot suffit à tronquer la réalité, qu’en affublant le péril d’un diminutif inoffensif, ils en neutraliseront la puissance.
Ainsi s’imagine-t-on écarter l’orage en voilant la montagne.
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