Par Joie Des Mots
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D’ailleurs comment respecter le Maître, dans une démocratie, puisqu’il n’est qu’un esclave promu ?
D’où la haine du prolétaire pour le bourgeois qu’il souhaite devenir tout en méprisant les moyens de cette promotion et les antivertus nécessaires à cette ascension.
Le bourgeois est l’anti-héros qui a utilisé la ruse, le négoce, l’argent, la combine (etc.) et qui s’est avilit en tant qu’homme pour devenir bourgeois. “S’embourgeoiser” est injure…
D’où la haine et l’envie du prolétaire et ce mépris fasciné qu’il porte au bourgeois. Celui-ci n’est pas un Maître respecté et admiré mais, à la limite, un salaud. Je verrai là une des raisons du désespoir contemporain ! Le promu a mauvaise conscience et le non-promu méprise ce qui, en même temps, est son idéal.
Alors que le véritable Maître est admiré.
Parce qu’il est inaccessible.
Parce qu’il est source de valeurs.
Parce qu’il est exemplaire et protecteur.
Parce que sa morale, étant héroïque, rejoint le sacrifice et l’ascèse. Du coup, entre lui et l’esclave, l’amour — oui l’amour ! — est possible. Jean Cau, Le temps des esclaves.
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