Par Joie Des Mots
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Les grands écrivains mettent beaucoup d’eux-mêmes dans leurs ouvrages. Cette part de vérité qu’ils savent transcender est rarement académique au sens vulgaire du terme. Elle donne à leurs mots la force de l’authenticité. La gouaille de Sansal flirte avec le baroque et le picaresque pour développer ses idées sans se vautrer dans le sermon.
Je suis déçu du silence de la plupart des intellectuels et artistes maghrébins qui devraient être fiers de voir un des leurs briller au firmament de la culture. Et je suis écœuré du silence assourdissant de nos compatriotes d’extrême gauche. Comme les collabos d’antan avaient leurs « bons Juifs », ils choisissent leurs « bons Arabes ». Et Boualem n’en fera jamais partie. Sa pensée ne se structure pas autour de la haine de la France.
Sa vie est un roman où le comique bouscule le tragique
Boualem est né dans l’Ouarsenis (grande Kabylie) d’un père marocain et d’une mère algérienne « lettrée » comme on disait au bon vieux temps des colonies en parlant de selzéceux qui avaient fait l’effort de s’instruire.
La religion n’est pas une obsession dans la famille Sansal qui adopte volontiers des éléments de la culture amazigh. Celle des primo-habitants légitimes de l’Algérie. Tenus d’afficher en public leur dévotion coranique. Mais pour beaucoup, frondeurs et libres penseurs en privé.
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