Par Joie Des Mots
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L’Europe contre la parole libre
La chapelle de Tréminou, à une demi-lieue de Pont-l’Abbé, repose comme un galet ancien dans la terre bigoudène. Rien d’ostentatoire, rien de monumental. Une chapelle rurale construite par des Bretons pieux, où je me rendais le mercredi en promenade quand j’étais pensionnaire au lycée Laënnec. Dans l’enclos,, un détail frappe l’œil. Une tribune de pierre, massive, taillée dans le granit local. Le prêtre y montait autrefois pour s’adresser à la foule, porter la parole au-dessus des têtes, sans micro, sans amplification, avec pour seule force celle de la voix humaine et de la conviction.
Cette pierre-là n’est pas un décor. Elle est un rappel. Durant des siècles, en Bretagne comme ailleurs en Europe, la parole fut considérée comme une puissance. Elle pouvait convaincre, apaiser, soulever, parfois diviser, mais elle était reconnue comme une nécessité vitale du lien social. On l’élevait littéralement, on lui donnait une hauteur, non pour la sanctuariser, mais pour qu’elle circule.
C’est à cette tribune de Tréminou que je pensais en lisant, ces derniers mois, les nouvelles venues du Royaume-Uni. Elles racontent une autre histoire, presque inverse. Celle d’une parole que l’on ne cherche plus à porter, mais à contenir, à surveiller, à refroidir.
Le Royaume-Uni, longtemps perçu depuis le continent comme une terre de liberté verbale, parfois brutale mais tolérante, est devenu en quelques années un laboratoire de la restriction expressive.
https://www.breizh-info.com/2026/01/18/255872/leurope-contre-la-parole-libre/
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