Par Joie Des Mots
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Je m’aperçois d’une chose :
au fond ce que j’aime,
ce qui me touche,
c’est la beauté non reconnue,
c’est la faiblesse d’arguments,
c’est la modestie.
Ceux qui n’ont pas la parole,
c’est à ceux-là que je veux la donner.
Voilà où ma position politique
et ma position esthétique se rejoignent.
Rabaisser les puissants m’intéresse moins que glorifier les humbles.
Les humbles :
le galet, l’ouvrier, la crevette, le tronc d’arbre
et tout le monde inanimé,
tout ce qui ne parle pas…
Je suis un suscitateur.
Francis Ponge
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