Par Joie Des Mots
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Désormais impuissants à maîtriser notre trouble devant l’insoutenable, les mots renoncent à se hisser à hauteur du réel pour nommer les choses comme il se doit.
C’est ainsi que, peu à peu, la mort devient l’innommable.
On la contourne, on l’escamote, on l’ensevelit dans le linceul de suaves périphrases destinées à faire l’économie d’émotions trop fortes et d’une réalité trop crue : il est parti, il nous a quittés, il s’est éteint.
Le mot « décès » lui-même, qui signifie passage et postule ainsi la croyance en un autre monde, dont l’intensité ne cesse de décroître, est victime de sa connotation religieuse tandis que les verbes « passer », « trépasser » ou « périr », du latin per-ire, qui évoquent tous un au-delà, se voient également refoulés pour des raisons identiques. »
Patrick Buisson
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