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Villes fantômes ...


À un moment donné de son histoire, chaque ville prend naissance dans un rêve. Un croquis sur une serviette. Une brochure publicitaire. Une diapositive PowerPoint promettant un avenir radieux. La plupart de ces rêves s'évaporent discrètement. Mais de temps à autre, une ville frôle dangereusement la naissance – avec ses transactions foncières, ses architectes, son soutien politique et ses promesses audacieuses – avant de s'effondrer sur elle-même comme un château de cartes. Cette liste ne concerne ni les utopies fictives ni les mégastructures de science-fiction qui n'auraient jamais dû exister. Il s'agissait de villes bien réelles, sérieusement planifiées, annoncées publiquement et – surtout – auxquelles on croyait. Les gouvernements les ont approuvées. Les investisseurs y ont injecté des fonds. Les promoteurs juraient qu'elles changeraient le monde. Et puis… quelque chose a mal tourné. (listverse)

Plan Voisin (France)

Le plan diabolique pour Paris

En 1925, Paris a frôlé la transformation radicale. L’architecte Le Corbusier, déjà célèbre et controversé, proposa une solution radicale à ce qu’il considérait comme l’inefficacité de la ville : raser une grande partie du centre et la remplacer par un quadrillage d’immenses gratte-ciel identiques, entourés de larges avenues et d’espaces verts. Il ne s’agissait pas d’une satire. Ce projet, baptisé Plan Voisin, fut présenté avec sérieux.

Il ciblait les quartiers historiques de la rive droite, y compris des zones séculaires. À leur place devaient s’élever des tours de verre et d’acier conçues pour loger des dizaines de milliers d’habitants dans un ordre propre et rationnel. La circulation serait fluide. La lumière du soleil inonderait enfin les rues. Paris, affirmait Le Corbusier, deviendrait une ville moderne et non plus une relique médiévale.

Étonnamment, l’idée ne fut pas immédiatement rejetée d’emblée. Urbanistes et responsables politiques en débattirent. Le modernisme était en vogue et les villes européennes expérimentaient des réaménagements radicaux. Mais l'indignation publique, la résistance des défenseurs du patrimoine et le poids culturel propre à Paris se révélèrent trop forts.

Le Plan Voisin ne fut jamais approuvé, mais il demeure l'un des exemples les plus frappants d'une ville qui a failli s'autodétruire au nom du progrès – et qui ne l'a pas fait.

 

 

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