Par Joie Des Mots
/image%2F1252996%2F20260203%2Fob_3700f5_sarah-knafo.png)
Sarah Knafo ou l’énigme que Libération ne sait pas lire
La journaliste de Libération a dilué son fiel habituel dans une eau claire, presque une eau de source.
Le ton est policé, la plume de Charlotte Belaïch se veut légère, la bande dessinée signée Florence Cestac amuse la galerie. Pourtant, ligne après ligne, affleure une obsession. Le portrait annonce un « itinéraire d’une ex-conseillère de l’ombre qui cherchait la lumière », formule révélatrice, qui pose d’emblée le soupçon moral, la quête narcissique, l’ambition coupable.
Sarah Knafo n’est jamais décrite comme un esprit, mais comme un phénomène optique, une présence trop visible, presque indécente.
La journaliste passe son temps à traquer ce qu’elle croit être des petitesses, comme si l’essentiel devait forcément se nicher dans le défaut. Carriérisme, goût du pouvoir, usage supposé de la séduction auprès des hommes d’influence, le procès est instruit à bas bruit. On évoque un « papillon de lumière », on insiste sur les « adoubements », sur les déjeuners, sur les regards, sur les réseaux. Rien de tout cela n’aurait manqué de faire hurler les féministes si le sujet avait été une femme de gauche. Ici, le silence est assourdissant. L’ambition devient faute, la vivacité devient calcul, l’intelligence se mue en ruse, uniquement parce que la femme en question ne sert pas le bon camp.
À force de se concentrer sur ces soupçons, Libération passe à côté de la colonne vertébrale du personnage. Tout est là pourtant, à portée de regard, mais comme occulté volontairement. L’intelligence, d’abord. Elle affleure malgré le filtre hostile, jusque dans les témoignages convoqués à charge. Jacques Attali lui-même parle d’une impression « formidable, éveillée, dynamique ». Henri Guaino salue une personnalité « extraordinaire ». Même ses détracteurs reconnaissent une capacité rare à comprendre les mécanismes du pouvoir. Le journal accumule ces phrases sans sembler mesurer qu’elles ruinent sa propre thèse.
Nos chemins se sont croisés une fois. Il m’est arrivé deux fois d’être littéralement ébloui par une intelligence en actes.
https://www.breizh-info.com/2026/02/02/256404/sarah-knafo-ou-lenigme-que-liberation-ne-sait-pas-lire/
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog