Par Joie Des Mots
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La révolution islamique de 1979, l’arrivée au pouvoir des ayatollahs, la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran, l’échec humiliant de la tentative de sauvetage autorisée par Jimmy Carter, tout cela fut perçu comme l’ultime confirmation d’un déclin irréversible.
La puissance américaine semblait frappée au cœur, paralysée.
C’est de cette humiliation que naquit l’élection de Ronald Reagan, et c’est dans ce climat qu’il faut replacer la guerre des Malouines, lorsque Londres, piquée au vif, décida qu’elle ne descendrait pas plus bas. Les nations, parfois, se redressent par orgueil.
Cette fois, le doute n’est plus permis. L’ayatollah Ali Khamenei est mort. Les autorités iraniennes ont confirmé son décès après les frappes aériennes conjointes israélo-américaines qui ont visé le complexe où se réunissaient le Guide suprême, le président et le haut commandement militaire.
La disparition de celui qui dirigeait la République islamique depuis plus de trois décennies ne relève plus de la rumeur ni de la guerre psychologique, elle constitue un fait accompli dont les conséquences politiques seront considérables.
La singularité de l’opération tient à sa méthode. Non point une campagne indistincte, mais des mois de surveillance, des interceptions patientes, une attente presque clinique du moment où l’ensemble du sommet du régime serait réuni dans une même pièce. Frapper en plein jour, à l’heure où l’on n’attaque d’ordinaire jamais, signifiait que la cible n’était pas une installation militaire, mais une concentration humaine. Ce n’est pas seulement un chef qui a été visé, c’est la confiance interne d’un système.
La riposte iranienne, dispersée, a touché plusieurs pays, suscitant en retour une solidarité régionale inattendue. Une coalition du Golfe, qui n’existait pas la veille, se dessine. Le paradoxe de l’histoire veut que l’acharnement de Téhéran à frapper large ait contribué à l’encercler davantage.
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