Par Joie Des Mots
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Quand on pense aux grands braquages, on imagine généralement un gentleman cambrioleur élégant s'introduisant dans un musée pour dérober un diamant massif et inestimable. On n'imagine guère quelqu'un fouillant la terre avec une taie d'oreiller et une vieille cuillère à la recherche de plantes menacées, ni quelqu'un dérobant un minuscule fragment de plante dans un jardin botanique. Pourtant, nombreux sont les voleurs qui se tournent vers le braconnage de plantes pour s'enrichir. Pour ceux qui dépensent des sommes astronomiques pour aménager leurs jardins privés, un arbuste ancien vaut bien plus qu'un diamant. Pour les différents voleurs qui s'adonnent à ce sale boulot, l'argent se vaut. Partout dans le monde, des espèces végétales rares risquent d'être absorbées par un marché noir aux profits se chiffrant en milliards. C'est une question qui préoccupe les défenseurs de l'environnement dans tous les pays : comment enrayer le vol de plantes sauvages dans leur habitat naturel ? (listverse)
Orchidées d'Asie
Si l'obsession des Victoriens pour les orchidées a détruit ou mis en péril nombre d'entre elles, le coût de cette demande en Asie a été encore plus élevé. En raison du braconnage passé, le commerce international des sabots de Vénus est strictement réglementé. Sur les 84 espèces de sabots de Vénus recensées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 99 % sont menacées d'extinction. Certaines orchidées, comme celles du genre Paphiopedilum, sont soumises à une réglementation encore plus stricte. Leur commerce international est illégal, mais cela n'a pas enrayé le marché noir. En 1997, une nouvelle espèce, Paphiopedilum vietnamense, a été découverte au Vietnam. L'orchidée était déjà présente sur le marché américain avant même l'obtention des autorisations commerciales au Vietnam, et cette fleur rare a rapidement disparu à l'état sauvage.
Bien entendu, cela n'a pas freiné le commerce et la collection obsessionnels d'orchidées. En 2004, le directeur de la recherche et du développement de Medpharm, une entreprise pharmaceutique, a été arrêté à l'aéroport d'Heathrow en possession de plus de 100 orchidées illégales. Parmi sa collection clandestine figuraient deux espèces d'orchidées si rares qu'on les croyait disparues des sites où le scientifique les avait collectées. Plusieurs pays d'Asie mettent en place de nouveaux programmes pour lutter contre le trafic d'orchidées, dans l'espoir de préserver leurs espèces indigènes. À Séoul, en Corée du Sud, les citoyens peuvent gagner environ 8 000 dollars par an en signalant les cas de braconnage.[4] Les peines pour le commerce illégal d'espèces protégées ont été alourdies : trois ans de prison ou une amende de 26 000 dollars. On ignore encore si ces nouveaux programmes suffiront à freiner le commerce d'orchidées, qui représente plusieurs millions de dollars.
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