Par Joie Des Mots
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Quand on pense aux grands braquages, on imagine généralement un gentleman cambrioleur élégant s'introduisant dans un musée pour dérober un diamant massif et inestimable. On n'imagine guère quelqu'un fouillant la terre avec une taie d'oreiller et une vieille cuillère à la recherche de plantes menacées, ni quelqu'un dérobant un minuscule fragment de plante dans un jardin botanique. Pourtant, nombreux sont les voleurs qui se tournent vers le braconnage de plantes pour s'enrichir. Pour ceux qui dépensent des sommes astronomiques pour aménager leurs jardins privés, un arbuste ancien vaut bien plus qu'un diamant. Pour les différents voleurs qui s'adonnent à ce sale boulot, l'argent se vaut. Partout dans le monde, des espèces végétales rares risquent d'être absorbées par un marché noir aux profits se chiffrant en milliards. C'est une question qui préoccupe les défenseurs de l'environnement dans tous les pays : comment enrayer le vol de plantes sauvages dans leur habitat naturel ? (listverse)
Les dionées des Carolines
La dionée, lors de sa découverte, fut considérée comme la plus grande merveille du règne végétal. En 1760, Arthur Dobbs, gouverneur colonial de Caroline du Nord, tenait un journal botanique où il décrivait la technique d'alimentation unique de la plante. Lorsqu'un insecte a la malchance de déclencher les poils sensitifs situés à l'intérieur des feuilles, celles-ci se referment brusquement. Ce claquement caractéristique et les poils sensitifs de la dionée en ont fait un symbole culturel. On retrouve des plantes inspirées par la dionée dans La Famille Addams, La Petite Boutique des Horreurs et les jeux Super Mario Bros. La Caroline du Nord revendique fièrement la dionée comme sa plante carnivore officielle et consacre des efforts considérables à sa conservation.
Mais la célébrité peut avoir ses inconvénients, même pour une plante carnivore. Autrefois présentes en Caroline du Nord et du Sud, les dionées sauvages ont été confinées à un rayon de 145 kilomètres autour de Wilmington, en Caroline du Nord. C'est le seul endroit où elles poussent encore dans leur habitat naturel, et les défenseurs de l'environnement craignent que les braconniers ne soient responsables de l'extinction de la dionée sauvage. En 2014, le vol de dionées a été érigé en délit passible d'une peine maximale de 25 mois de prison. En 2016, Paul Simmons Jr. est devenu la première personne à être inculpée de ce délit pour avoir braconné 970 dionées dans la réserve de chasse de Holly Shelter, dans le comté de Pender, avec trois complices. Bien que le braconnage ne puisse être totalement éradiqué en raison de la taille de la zone, la loi s'est avérée un moyen de dissuasion efficace. Le braconnage est surveillé en contrôlant un certain nombre de parcelles afin de repérer les trous caractéristiques laissés lors du vol des plantes. Après la condamnation de Simmons en 2016, seules six des 18 parcelles contrôlées présentaient des signes de braconnage. Auparavant, on en comptait jusqu'à 15 sur 18.
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