Par Joie Des Mots
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De même que dans une grande cité, où règne la masse, au milieu du fourmillement d'êtres presque irréels, sans visage, on peut souvent éprouver un sentiment profond d'isolement ou de détachement, de façon plus naturelle peut-être que dans la solitude des landes et des montagnes, de même les techniques ultra-modernes de communication qui font disparaître les distances, et l'élargissement des horizons de l’homme actuel aux dimensions de la planète, peut servir à alimenter le détachement, la supériorité intérieure, le calme transcendant au cœur de l'action et du mouvement dans le vaste monde.
Le type d'homme qui nous intéresse doit considérer la nature comme faisant partie d'un tout plus vaste et plus « objectif » que la nature, c'est, pour lui, aussi bien la campagne, la montagne, les bois, la mer, que les digues, les turbines et les fonderies, le réseau tentaculaire des grues et des quais d'un grand port moderne, ou un complexe de gratte-ciel fonctionnels.
C'est cela, le lieu d'une liberté supérieure.
Se maintenir présent, libre à soi-même, devant l'une ou l'autre « nature » au milieu des steppes ou sur des cimes presque inviolées, aussi bien que dans des boîtes de nuit.
Julius Evola
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