Par Joie Des Mots
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En toute rigueur, pour être purement soi-même, pour avoir une existence absolument libre, il faut pouvoir assumer, vouloir, dire absolument « oui » à ce que l’on est :
même quand rien dans notre nature ne ressemble à l'idéal du « surhomme »,
quand notre vie et notre destin ne présentent ni héroïsme, ni noblesse, ni splendeur, ni générosité,
ni « vertu qui donne »,
mais décadence, corruption, faiblesse, perversion.
On trouve, du reste, un lointain reflet de cette voie jusque dans le monde chrétien ; la doctrine de l'homme déchu, brisé par le péché originel, mais délivré par la « foi » de l’homme à la fois justifié et pécheur devant l'Absolu.
Mais dans le monde sans Dieu, le résultat d'une semblable attitude c'est qu’on est à soi-même devant une terrible épreuve de force, de dénuement du moi. […]
Ainsi il s'agit plutôt d'une alternative : être ou non capable de tenir ferme intérieurement, dans son être nu, absolu, sans rien craindre ni rien espérer.
Julius Evola
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