Par Joie Des Mots
/image%2F1252996%2F20260301%2Fob_c633f5_poeme-tesson.png)
Rouler sur un lac est une transgression.
Seuls les dieux et les araignées
marchent sur les eaux.
J'ai ressenti trois fois
l'impression de briser tabou.
La première,
en contemplant le fond de la mer d'Aral,
vidée par les Hommes.
La seconde en lisant le journal intime d'une femme.
La troisième, en roulant sur les eaux du Baikal.
Chaque fois, l'impression de déchirer un voile.
L'œil regarde par le trou de la serrure.
J'explique cela à Micha.
Il ne répond rien.
Sylvain Tesson
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog