Par Joie Des Mots
La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public ne relevait ni d’un caprice politique ni d’une manœuvre partisane. Elle s’imposait. Mieux : elle était devenue indispensable tant les soupçons de dérives, d’opacité et de dysfonctionnements s’étaient accumulés au fil des années autour d’institutions comme Radio France ou France Télévisions. Loin d’être un simple exercice formel, cette commission a permis de lever le voile sur un système fermé, où les habitudes ont trop souvent remplacé les exigences de transparence et de responsabilité.
Au cœur de ce travail, le rapporteur Charles Alloncle s’est distingué par une détermination rare. Là où d’autres auraient cédé aux pressions ou aux convenances, il a choisi d’aller au fond des choses.
Car il fallait du courage pour affronter ce que l’on peut qualifier d’« alliance objective » : celle des bénéficiaires d’un système qui, bien que financé par les contribuables, échappe largement à leur regard.
Dans cet univers, certaines figures emblématiques ont cristallisé les critiques. Le cas de Nagui est révélateur : cumulant les rôles entre production et animation, il incarne cette « double casquette » dont il a lui-même reconnu qu’elle lui avait été particulièrement favorable. À l’inverse, d’autres, comme Patrick Sébastien, ont été écartés dans des conditions controversées, certains motifs invoqués — notamment liés à leur profil de mâle blanc de plus de 50 ans— suscitant de vives interrogations sur l’équité des choix opérés.
Mais au-delà des personnes, c’est bien un système que le rapporteur a entrepris de scruter.
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