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En fait, toutes les occasions sont bonnes pour se taire et ne rien faire !!!


À chaque pet de l’actualité, le droitard se dit “ça y est, cette fois sera la bonne”. Il pense que l’heure de la révolte est venue. Révolte des autres, toujours. Révolte de ceux qui n’ont plus rien à perdre, sauf une main ou un œil. Mais pas lui, non. 

Lui, il reste le cul vissé à son siège rembourré confort, tendu de peau de pétrole pleine fleur, à éplucher X, Telegram, TikTok et YouTube dans l’espoir d’une info fatale, du genre de celles qui mettent le feu aux poudres et aux ministères.

Il scrolle, il scrolle… mais rien à l’horizon.

Pas de dérapage ni d’embrasement, de lynchage de flic, de coups de feu, de palettes en flamme, de barrages colériques, de confrontation assassine. Pas même une modeste bavure… tout juste quelques gueulards et autres encagoulés qui, çà et là, ont mangé une ou deux claques, un coup de LBD, un revers à la matraque. Vite sortis de garde-à-vue, ils projetteront sur les réseaux et les plateformes une belle figure de martyre de la contestation. Pas plus, pas moins.

La France réactionnaire, c’est surtout ça, c’est à dire une indifférence totale à la chute vertigineuse du pays, une volonté farouche de ne pas risquer son illusoire confort matériel, pas plus que son fragile équilibre psychique.

Car ces gens, à bien y regarder, ont le moral indexé sur leur pouvoir d’achat. Enlevez-leur une rente et les voilà saisis par la sourde angoisse du manque, la tripaille agitée dans les trous d’air creusés par les fluctuations du grand marché, celui-là même qui est sensé leur assurer une retraite heureuse, avec viande rouge, fruits frais et Noëls en famille.

Le changement sans rien changer, c’est eux.

Leur perspective d’avenir, c’est le status quo ante. 

Éternel retour vers un passé idolâtré, vénéré, exemplarisé, un temps auquel ils ne comprennent rien mais dont ils se revendiquent, bâtards d’une histoire qui ne les as pas attendus pour les cocufier, dignes héritiers d’inexorables débandades, de capitulations honteuses, de compromis foireux.

Qu’importe. Ils se retranchent volontiers derrière l’épée d’un Clovis ou d’un Charlemagne, le sceptre d’un Louis XIV ou d’un Napoléon, le képi d’un Pétain ou d’un de Gaulle. Cette galerie de figures brandies comme des étendards de vertu virile et de subtile clairvoyance devient, dans leur bouche, une ménagerie, un cirque, un théâtre.

Ils se plaignent que la Terre entière maltraite leur chère France sans vouloir voir sa détresse ni entendre ses prières, écouter sa plainte ou deviner ses sanglots.

Le pays entier se meurt sur leur paillasson mais ils n’ouvriront pas la porte à cet inconnu qui les terrorise, à ce destin ultime dont les contours se dessinent à l’horizon des temps futurs, là où la colère des Dieux détonne, là où les civilisations se meurent.
J.-M. M.

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