Par Joie Des Mots
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Dans un autre domaine, on peut remarquer aujourd’hui le nombre incroyable d’émissions de télévision consacrées à la cuisine, toutes chaînes confondues et du soir au matin ; qui oserait en déduire que la société serait devenue hyper-gastronomique, alors qu’en réalité, les gens n’ont jamais aussi mal mangé depuis Adam et Eve ?
C’est la même chose avec ce concept totalement ridicule d’homo festivus. Cela fait au moins trente ans que je n’ai pas vu de véritable fête, et je ne suis pourtant pas du genre à pourrir dans ma bibliothèque.
Il convient de bien savoir distinguer une chose de sa représentation. Je ne dirai jamais, moi, que le moteur du libéralisme est l’idéologie du désir ; car c’est bien plutôt le plaisir qui gère les rouages économiques, politiques et métaphysiques de notre société.
Or, le plaisir n’est pas l’aboutissement du désir, mais son assassinat pur et simple.
Franchement, regardez cinq minutes autour de vous : vous en voyez beaucoup, vous, des gens qui sont habités par le désir de quoi que ce soit (et notamment de la révolution) ?
Tout le monde est totalement éteint, fatigué, usé, abîmé en secret par l’avalanche de plaisirs forcés… Nous vivons dans l’Empire de la satiété, et plus du tout dans le Royaume de la saveur.
Laurent James
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