Par Joie Des Mots
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L’eau des lacs de retenue
couvrait d’un linceul la patience
et le génie ancestral des cultivateurs de rizière.
Il ne restait plus rien de l’habit arlequin
de ces campagnes rizicoles,
de ces plaines pareilles à des vitraux.
Elles avaient donné à la Chine sa civilisation
en forçant les hommes à inventer des systèmes de culture d’une complexité extrême.
Des milliers de kilomètres carrés de marqueterie immémoriale avaient été engloutis.
Des temples séculaires,
des grottes ornées de fresques bouddhistes,
des arpents de forêt primaires :
tout avait été noyé
sous quarante milliards de mètres cubes d’eau.
Sylvain Tesson
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