Par Joie Des Mots
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Jusqu’ici,
les bêtes que nous mangions
se nourrissaient d’une herbe
engraissée dans le terreau du Dorset,
chauffée au soleil du Dorset,
battue par les vents du Dorset.
L’énergie puisée dans le sol,
pulsée dans les fibres de l’herbe,
diffusée dans les tissus musculaires des bêtes
irriguaient nos propres corps.
L’énergie se transférait verticalement,
des profondeurs vers l’homme,
via l’herbe puis la bête.
C’était cela être de quelque part :
porter dans ses veines
les principes chimiques d’un sol.
Sylvain Tesson
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