Par Joie Des Mots
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Il est devenu impossible, en France, de passer une semaine sans qu’un élu de gauche ou d’extrême gauche n’exige l’interdiction de quelque chose. Un concert dans une ferme bretonne, une fête de quartier rurale, un banquet patriotique dans un parc d’expositions, une conférence universitaire, un festival, un spectacle, un livre, un colloque, une chaîne d’information, un compte sur les réseaux sociaux, un café associatif, un drapeau, une croix dans une crèche municipale, une statue, un nom de rue, un canon historique sur une place, le port d’un signe d’appartenance, l’utilisation d’un mot devenu suspect, une publicité jugée déplaisante. La liste s’allonge à mesure que la liste des choses encore permises se réduit, jusqu’à donner le sentiment, fondé, que la France glisse insensiblement vers une société de l’autorisation préalable où l’individu n’est plus libre de rien tant qu’il n’a pas obtenu le visa de quelque conseil de la pureté idéologique.
Ce mouvement n’est pas neuf. Il s’est accéléré ces dernières années à un rythme qui aurait paru proprement délirant à un Français des années 1980, voire des années 2000. Il puise sa source dans une logique mentale ancienne : la conviction qu’il existe, quelque part, un Bien commun objectif, identifiable par une élite éclairée, et que toute déviance par rapport à ce Bien doit être empêchée par la loi, par la pression sociale ou, à défaut, par le tabassage de rue.
Querrien, le canon de Quimper, le Cochon de Treffendel : le même schéma à l’œuvre
Les exemples bretons et hexagonaux récents sont d’une affligeante régularité. À Querrien, en pays de Quimperlé, quatre députés bretons de La France insoumise écrivent au préfet du Finistère pour exiger l’annulation d’un concert privé de black metal regroupant moins de quatre-vingts personnes dans une ferme. Les motifs avancés sont fondés sur des erreurs factuelles documentées et sur l’invocation d’un risque potentiel pour l’ordre public — l’ordre public de quoi, exactement, dans une grange perdue entre deux haies bocagères ? L’objectif réel saute aux yeux : éliminer un événement dont l’orientation idéologique déplaît, en faisant peser sur l’organisateur la menace administrative et médiatique.
https://www.breizh-info.com/2026/05/02/259612/la-gauche-et-linterdit-comme-seconde-nature-ce-mal-francais-qui-menace-la-liberte-de-tous/
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