Par Joie Des Mots
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Laissez le mystère occuper votre cœur ;
ne le labourez pas sans cesse
avec le soc de l'introspection,
mais ménagez-y un coin de terre vierge,
prêt à accueillir les graines
que le vent y déposera,
et réservez-y un abri ombragé
pour l'oiseau de passage ;
gardez en votre cœur
une place pour les hôtes inattendus,
un autel pour le Dieu inconnu.
Alors, si un oiseau chante parmi vos branches,
ne cherchez pas trop vite à l'apprivoiser.
Henri-Frédéric Amiel
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