Par Joie Des Mots
/image%2F1252996%2F20260620%2Fob_5bb8e4_les-fringues.jpg)
L'Italie était alors pauvre. Mais les jours fériés, vers le soir, les jeunes Italiens endimanchés sortaient même des cours puantes où du linge était étendu jusqu'au toit. Leur tenue : pantalons serrés aux fesses, petits vestons serrés à la taille, chemises de soie. Vaniteux, les jeunes Italiens dépensaient tout en fringues.
On pouvait avoir une idée de leur mode de vie en observant la famille de la signora Francesca, notre logeuse. Une douche par semaine, un cadenas sur le téléphone, passé par l'orifice de l'un des chiffres. Les spaghettis alternaient avec les macaronis et de l'ail, de l'ail et encore de l'ail avec de la tomate.
J'ai remarqué que la population des nations pauvres se démène pour avoir de belles fringues. Plus la nation est riche et moins elle s'en soucie. Les Américains sont connus pour leur aspect débraillé : ils se baladent partout en sandales, short et maillot, nuit et jour. On peut dire qu'ils se laissent aller, qu'ils sont négligés. Quand il y a partout des vêtements de luxe et que son compte en banque est bien garni, on devient indifférent et on apprécie ce qui est commode, pas ce qui est à la mode et cher.
Édouard Limonov
Blog infanteriesauvage.Tumblr
(Nous avons passé des vacances en Italie et connu des Italiens charmants. Le soir nous allions prendre un pot au centre-ville et c’était, à l’heure des jeunes, un vrai défilé de mannequins. Même les personnes plus âgées étaient très apprêtées. C était chouette à côté de la vulgarité et de l’uniformité actuelle ! (la passeggiata)
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog