Par Joie Des Mots
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Nous autres, Latins, nourris de stoïcisme,
abreuvés par Montaigne,
inspirés par Proust,
nous tentions de jouir de ce qui nous advenait,
de saisir le bonheur partout où il chatoyait,
de le reconnaître quand il surgissait,
de le nommer quand l’occasion s’en présentait.
Dès que le vent se levait, en somme, nous tentions de vivre.
Les Russes, eux, étaient convaincus
qu’il fallait avoir préalablement souffert
pour apprécier les choses.
Le bonheur n’était qu’un interlude
dans le jeu tragique de l’existence.
Sylvain Tesson
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