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Parlons-en : le croque-monsieur !!!


Le croque-monsieur. Un monument de la cuisine de comptoir parisienne, né d’un coup de génie et d’un brin de malice.

Paris, boulevard des Capucines, 1910. L’âge d’or des cafés parisiens. Le gérant du Bistrot le Bel Âge, Michel Lunarca, manque de pain baguette pour ses sandwichs. Qu’à cela ne tienne : il utilise du pain de mie, y glisse du jambon, du fromage, et passe le tout au beurre dans un moule en fonte. Le croustillant est immédiat. Un client s’étonne de cette viande si savoureuse et demande d’où elle vient. Le patron, réputé pour son humour un peu canaille, répond dans un éclat de rire : « C’est de la viande de monsieur ! ». Le nom est trouvé.

La légende parisienne est en marche. Marcel Proust scelle sa légitimité littéraire en 1919. Dans « À l’ombre des jeunes filles en fleurs », il fait commander par Mme de Villeparisis des « croque-monsieur » et des œufs à la crème pour son personnage. Le mot est déjà entré dans le langage courant. Une consécration précoce pour un plat de brasserie.

À l’origine, pas de béchamel. Juste du pain, du beurre, du jambon de Paris et du gruyère (ou du comté) râpé ou en lamelles, dorés à la poêle ou au four. La simplicité absolue, mais exigeante. S’il s’arme d’un œuf à cheval, il devient « croque-madame », clin d’œil à la forme des chapeaux féminins de l’époque.

Aujourd’hui, il est partout, des cartes des grands chefs aux tables des cafés parisiens. Un classique intemporel qui prouve que la gastronomie française n’a pas toujours besoin de nappe blanche pour entrer dans l’histoire.
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