Par Joie Des Mots
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Mais la vraie cause de cette futilité et de cette mollesse ne tiendrait-elle pas à la première éducation ? Les mères d’abord, qui sont souvent des sottes, élevées sans sérieux, mondaines, pécores et perruches. Tant vaut la mère, tant valent les fils.
Mais aussi, il y a le renversement des valeurs. Même dans les familles les plus sages, l’enfant est une idole autour duquel tout gravite. Ce n’est pas l’esclave des temps antiques, ni l’inférieur des temps passés, chez qui l’on prépare le chef de demain, en le forçant à obéir pour savoir, plus tard, commander. Lui, petit embryon d’être qui ne sera que ce qu’on le fera et ce qu’il se fera, lui qui a besoin de tous et dont personne n’a un besoin immédiat, se voit le plus grand personnage de la famille, le dieu de parents vaniteusement imbéciles pour qui la chair de leur chair ne peut être que le summum de la perfection et le centre de l’univers.
Voilà la faiblesse et la lâcheté des parents qui préfèrent le moindre effort et la capitulation de leur conscience aux rudes devoirs des vrais éducateurs.
Cajolé, accablé de jouets, paré, choyé, flatté, soigné comme un petit animal, il se confit dans son égoïsme. Pendant qu’on cultive en lui la matière, son cœur s’appauvrit et son âme s’atrophie. Plus d’éducation mâle et rude, plus de respect aimant et craintif ; l’enfant, ne se sentant pas petit, ne trouve personne grand, ni son père, ni même Dieu.
On ne le prive de rien, il reste incapable d’un effort : « Au collège, dit-on, il apprendra à travailler. » Au collège, il est trop tard…
Au nom du confort, on amollit leurs corps, on rétrécit leurs âmes et voilà pourquoi nos fils de 18 ans sont encore de faibles et puérils enfants.
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