Par Joie Des Mots
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Natascha, radieuse, coupait des tranches de pain en expliquant de quoi elle vivait : de ce que son mari rapportait de la chasse
et de ce qu'elle-même cueillait l'été, dans les bois.
- Je vais en ville une fois tous les trois mois pour acheter ce qu'il nous manque.
- Et jamais une nostalgie ?
- Une nostalgie de quoi ?
- De l'ancienne vie : la ville, les autres...
- Jamais.
L'autre été, j'étais en train de cueillir des baies
à deux kilomètres d'ici sur la berge.
J'observais les empreintes d'ours et de renard sur le sol quand, soudain,
j'ai vu une empreinte d'être humain.
Cela m'a écoeurée.
Comment pourrais-je revenir en ville ?
Sylvain Tesson
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